Le mot de la présidente du Club
Le début de l’année est le moment des grandes résolutions. Il en va de même pour Danielle. Ce qui est drôle, c’est qu’elle ait retrouvé un papier datant de quelques années sur lequel elle avait noté les objectifs qu’elle souhaitait atteindre et que la plupart soient encore d’actualité !
Le billet de Danielle
C’est durant les tout derniers jours de décembre que je change d’agenda et que je prends possession de mon nouveau. J’ai découvert le modèle qui me convient il y a plusieurs années. J’y mets tous les bouts de papiers qui peuvent s’avérer utiles, mes pense-bêtes, mes cartes de visites et j’y note mes rendez-vous. C’est pourquoi il est très épais et ne ferme que grâce à un gros élastique. Ma vie tout entière se trouve dans cet agenda !
La fin de l’année est le moment idéal pour faire le tri et jeter tout ce dont je ne veux plus. C’est d’ailleurs ce que je viens de terminer. Je me suis débarrassée de beaucoup de choses, mais j’ai aussi redécouvert quelques papiers dont deux notes que j’avais rédigées il y a un certain temps.
Dans la première, qui datait de six ans, j’avais écrit tout ce que je désirais trouver dans une relation amoureuse et tout ce qui me paraissait inacceptable (après plusieurs mauvaises expériences, je sais dans quel genre de relation je ne dois PAS m’engager et celles dont je ne veux pas).
La lecture de cette note m’a bouleversée parce que j’ai réalisé que peu de temps après l’avoir rédigée, je m’étais lancée dans une aventure du type même de celles que je m’étais juré d’éviter ! Comment était-ce arrivé ? J’ai bien dû admettre que je m’étais trompée au point de retomber dans les mêmes pièges. J’ai relu soigneusement cette note avant de la glisser dans mon nouvel agenda en me promettant de m’en souvenir à l’avenir. Et je vais essayer de tenir parole !
Dans la seconde, j’avais dressé la liste de tous les objectifs que je voulais atteindre pour m’améliorer et avoir une meilleure qualité de vie. Le titre était « Objectifs pour 2004 » et j’avais noté : « m’amuser davantage, consacrer davantage de temps à la détente et au divertissement ». Hum… Ces dernières années, j’ai travaillé plus dur que jamais. En grandissant, mes enfants ont davantage de besoins, il y a la crise économique et comme je suis seule la plupart du temps, le travail est ma principale occupation.
Un autre de mes souhaits était : « être plus aventureuse, voyager davantage». Mes seules destinations sont Paris et San Francisco et je n’ai pas été du tout « aventureuse ».
« Dormir davantage » Là encore je n’ai pas respecté cet objectif. Je veille toujours très tard car je travaille plus que jamais.
« Manger mieux » Ouille ! Cela aussi, j’ai dû l’oublier. Quand je suis seule, c’est-à-dire très souvent, je grignote ce qu’il y a. J’ai horreur de me cuisiner pour moi seule.
« Voir mes amis plus souvent » Je ne l’ai pas fait non plus. Quand j’ai un moment, je le passe avec mes enfants, sinon je travaille.
Le seul objectif que j’aie respecté est « imposer des limites aux gens qui essaient de profiter de moi. ».
Mais il est clair que tous ceux que je m’étais fixés en 2004 sont encore d’actualité et je vais tenter de les atteindre cette année.
Il est toujours bon de se fixer des buts, de réfléchir à la façon dont nous voulons vivre et de s’imposer des règles sur ce que nous voulons faire ou refuser. J’ai encore des progrès à accomplir dans ce domaine et des années à rattraper. Mais je vais mettre cette liste dans mon nouvel agenda et m’efforcer d’obtenir des résultats. J’ai un sérieux défi à relever !
Bonne et heureuse année !
Avec toute mon affection.
Danielle.
Ecrit par La Présidente du Club | le 21/02/2011 |
Catégorie:
Mieux connaître Danielle
| tags:
bonnes résolutions,
nouvelle année
1 Message
Le mot de la présidente du Club
Danielle adore nos illuminations et toute l’ambiance qui règne aux alentours de Noël à Paris. Il semble que San Francisco perde cette tradition. C’est dommage !
Martine Lamarle,
Présidente du Club des Amis de Danielle Steel
Le billet de Danielle
Début décembre, j’essaie souvent de faire un rapide voyage à Paris, avant l’arrivée de mes enfants à San Francisco pour Noël. Avant ou pendant les fêtes, je vous recommande d’aller à Paris. C’est une ville extraordinaire ! Depuis quelques années, du moins en Californie, les décorations de Noël disparaissent peu à peu. Et je dois l’avouer, ces décorations me manquent. A Paris, il y en a partout et les illuminations comme les vitrines sot superbes. De plus, vous pouvez acheter des sapins verts, ou bien recouverts de neige artificielle… ou même rouges (ceux-là sont vraiment adorables et drôles à voir !). Sur les Champs Elysées, les arbres sont illuminés ce qui donne un aspect féerique à cette magnifique avenue. Et près de la Concorde, une immense grande roue est installée. Il règne une ambiance de fête dans toute la capitale. Entre le froid, la nuit et les décorations, on a vraiment l’impression de vivre un Noël d’autrefois et cela nous met dans l’ambiance. Dans presque chaque quartier, on découvre un marché de Noël composé de petites baraques où l’on vend toutes sortes de cadeaux et d’articles de Noël.
J’espère que vous aurez le temps de préparer les fêtes et que vous y prendrez du plaisir (bien que cette période soit particulièrement trépidante !). Quand je serai de retour en Californie, je me mettrai vite en cuisine pour confectionner des brownies. C’est pour nous une tradition (autrefois, les enfants se disputaient le droit de lécher la cuiller et le récipient !).
Avec un peu d’avance, je vous souhaite un joyeux Noël depuis Paris, mais je vous écrirai aussi très bientôt de San Francisco.
Avec toute mon affection.
Danielle.
Le mot de la présidente du Club
Dans ce billet, Danielle dévoile tout le travail et les efforts que demandent les photos qui illustrent ses livres. Cela demande beaucoup de temps et d’énergie et également une grande complicité avec sa photographe Brigitte Lacombe.
Martine Lamarle,
Présidente du Club des Amis de Danielle Steel
Le billet de Danielle
L’été, après le départ des enfants (et mon anniversaire, que nous fêtons à la mi-août), je commence à m’organiser pour l’automne. Je suis tout à fait dans l’esprit de la rentrée, puisque je me remets à écrire en septembre et que je passe la seconde quinzaine d’août à ranger mon bureau.
C’est le moment où je trace les grandes lignes de mon prochain roman et où sont faites les photos qui figureront au dos de mes livres. J’essaie le plus possible qu’elles soient en rapport avec mes romans. Pendant deux jours, je pose dans différentes tenues et dans des lieux différents. Cela n’en a peut-être pas l’air, mais cela représente beaucoup de travail.
J’ai recours aux services d’une photographe, une Française qui s’appelle Brigitte Lacombe. Elle exerce son talent partout dans le monde, mais son studio se trouve à New York. Elle se rend souvent dans des coins incroyables, où elle réalise de magnifiques portraits. Elle a d’ailleurs publié un recueil de ses œuvres. Extrêmement douée, elle a photographié beaucoup de personnalités connues. Elle est discrète, charmante, intelligente et très modeste en dépit de son talent. Les résultats sont fabuleux et c’est un vrai plaisir que de travailler avec elle. Il nous faut un certain temps, pour fixer les dates des séances, car son emploi du temps est extrêmement chargé. Il lui arrive d’avoir à traverser la moitié du globe pour venir me voir. Aujourd’hui, elle arrive de Corée, après être passée par la Toscane et s’être arrêtée à Los Angeles. Nous avons passé deux jours à réaliser des photos dans différents décors et différentes tenues, aussi bien chez moi qu’aux alentours, à raison de dix heures par jour. Elle ne s’arrête que lorsqu’elle elle est satisfaite de son travail. Je la comprends, car je suis comme elle.
Sur plusieurs photos, je suis assise à mon bureau sur une vieille chaise qui date des années soixante. J’ai également posé devant une tapisserie du XVIIe siècle, pour un roman historique en cours de rédaction. Les meilleurs portraits ont été réalisés devant un panneau uni en guise de fond, et aussi dans le séjour. Cette fois, nous sommes presque toujours restées à l’intérieur de la maison et j’ai changé de vêtements pour chaque prise. Nous espérons ainsi avoir les photos qui illustreront les couvertures de plusieurs livres. Brigitte a trois assistants et elle arrive avec une tonne de matériel et toute une collection d’appareils apparemment très sophistiqués. L’un de mes assistants nous apporte son concours, ainsi qu’une coiffeuse et une maquilleuse. A la fin de la journée, je n’ai qu’une envie : me laver la figure, ébouriffer mes cheveux, enfiler un jean et un vieux pull !
C’était la première fois que nous avons pris deux photos de moi devant ma table de travail. D’ordinaire, mon minuscule bureau est un sanctuaire inviolable. Il est rempli de souvenirs de mes enfants, depuis les bulletins de la maternelle, que j’ai fait encadrer, jusqu’aux trésors qu’ils ont confectionnés pour moi au cours des années. J’y ai passé le plus clair de ma vie, entre une photo de la baie et une autre du pont du Golden Gate. La pièce est tellement exiguë que Brigitte a dû s’installer dans l’escalier de service pour me photographier.
Par le passé, nous avons pris des photos en extérieur devant le pont du Golden Gate (pour Une grâce infinie), dans un jardin (pour Villa Numéro 2) et l’année dernière à Paris (pour Irrésistible, ainsi que pour plusieurs de mes futures parutions). Nos emplois du temps étant très chargés, nous nous efforçons de réaliser le plus de photos possibles. Mais aujourd’hui, nous sommes restées chez moi, car nous cherchions des cadres intimes, comme pour Sœurs et Amies où nous avons même pris une photo de moi avec l’un de mes chiens, parce qu’il y en a plusieurs dans le roman. Chaque photo doit être différente et attirer le lecteur. Tout cela m’occupe énormément, mais très bientôt, je m’enfermerai dans mon bureau pour écrire mon nouveau roman.
Et j’ai hâte d’y être !
Le mot de la Présidente du Club
La fin du mois d’août annonce la fin des vacances et pour tous la reprise des activités. Danielle n’échappe pas à la règle et c’est tant mieux pour nous, parce que cela signifie de nouveaux romans en préparation !
Martine Lamarle,
Présidente du Club des Amis de Danielle Steel
Le billet de Danielle
Eh bien… je dois admettre que l’été est vraiment terminé et qu’il est temps que je me remette au travail. Mes enfants sont repartis. Ceux qui poursuivent leurs études ont regagné l’université et, ce week-end, j’ai corrigé un de mes livres, qui sera publié l’an prochain ; j’ai ensuite commencé à réfléchir à celui que j’écrirai cet hiver et en ai tracé les grandes lignes.
Pas de doute, c’est la reprise !
J’aime beaucoup me lancer dans un nouveau roman, imaginer l’histoire, donner vie aux personnages et à l’intrigue, puis construire le récit, chapitre après chapitre. Grâce à ce plan précis, quand je commence la rédaction d’un roman, je sais exactement où je vais. Cela me permet de continuer à le peaufiner pour que l’histoire fonctionne vraiment.
Aux Etats-Unis, la fête du Travail a lieu le premier lundi de septembre et, pour moi, elle a longtemps marqué la fin de l’été, puisque c’était la date de la rentrée des classes. Mais maintenant, la rentrée se fait de plus en plus tôt, si bien que, lorsque la fête du Travail arrive, un grand nombre d’entre nous ont déjà repris leurs activités et elle n’est plus qu’un long week-end.
Je déteste l’idée que l’été se termine. D’une part, parce que les vacances sont finies et, d’autre part, parce que je sais qu’un travail énorme m’attend. Mais surtout mes enfants s’en vont et ils me manquent dès qu’ils sont partis. Heureusement, il me reste les merveilleux souvenirs de ces vacances passées ensemble. Alors, je vous souhaite à tous une excellente rentrée !!! Et… je me remets au boulot !
Le mot de la Présidente du Club
Ce billet permet de comprendre l’attachement de Danielle à Paris et à la France, attachement qui remonte à son enfance, et montre aussi les différences entre les mentalités américaine et européenne.
Martine Lamarle,
Présidente du Club des Amis de Danielle Steel
Le billet de Danielle
Si vous interrogez un Américain sur ses racines, il vous répondra généralement quelque chose comme : « J’ai des ancêtres originaires d’Irlande, d’Ecosse, d’Angleterre, d’Allemagne, de Suède… peut-être aussi qu’une goutte de sang français coule dans mes veines. » Les Européens, eux, s’intéressent davantage à leurs racines, car leurs ancêtres venaient souvent des pays qui composent l’Europe, donc proches de là où ils se sont installés.
Les Américains savent d’où sont originaires leurs ancêtres, mais se sentent avant tout américains. Et s’ils possèdent un passeport, ils n’en ont qu’un : le passeport américain. Les Etats-Unis ne forment qu’un seul et immense pays. J’en ai réellement pris conscience un jour où j’allais du Colorado à New York en voiture. J’ai alors constaté avec surprise que, malgré les kilomètres qui défilaient, la radio continuait de diffuser la même musique. Je ne franchissais pas de frontières, c’était toujours le même pays et tout le monde parlait la même langue. En Europe, sur une telle distance, j’aurais parcouru tout le continent et traversé dix pays.
De fait, les Américains ne parlent qu’une seule langue et n’ont pas vraiment besoin d’en connaître une autre, puisque l’usage de l’anglais est de plus en plus répandu dans le monde. Mon assistante en est la preuve : elle est absolument parfaite mais ne parle pas un mot de français. Pendant plusieurs années, elle m’a accompagnée à Paris chaque fois que je m’y rendais et n’a jamais rencontré le moindre problème ; elle ne s’est exprimée qu’en anglais et a toujours obtenu ce qu’elle voulait.
Ainsi que je le disais plus haut, les pays européens offrent la possibilité de franchir en quelques heures plusieurs frontières et de passer d’une langue à l’autre. La semaine dernière, j’ai failli me rendre aux Pays-Bas. En voiture, depuis Paris, cela ne m’aurait pris que trois heures et je ne me serais absentée que pour la journée. J’ai des amis qui vivent en Belgique et qui prennent souvent le train pour venir déjeuner à Paris. En été, je passe une partie de mes vacances en France, avant d’aller à Monaco puis en Italie. Tous ces pays semblent petits par rapport aux Etats-Unis !
En Europe, le fait d’avoir des parents de nationalités différentes permet très souvent de bénéficier de la double nationalité et d’obtenir deux passeports. De plus, loin de se contenter de savoir que leurs ancêtres étaient irlandais, écossais ou suédois et de posséder plusieurs passeports, les Européens dont les parents sont de nationalités différentes parlent plusieurs langues, outre l’anglais, pour la bonne raison qu’ils sont amenés à les utiliser.
Ma famille est un cas typique. Ma mère était portugaise et mon père allemand. Tous deux étaient nés en Europe et, aujourd’hui encore, je pourrais demander les deux passeports. Mon grand-père maternel était diplomate et ma mère parlait cinq langues couramment. Mon père en parlait huit, parmi lesquelles certaines vraiment difficiles, comme le japonais, le russe et le grec. Il possédait le don des langues. Mes neveux français en parlent cinq et moi seulement quatre (au fil des années, le manque de pratique m’a valu d’en perdre deux). C’est nécessaire, en Europe, ou du moins utile. Aux Etats-Unis, c’est superflu (bien que, dans le domaine des affaires, certains aient pu trouver un certain bénéfice à apprendre le chinois). Je suis donc née aux Etats-Unis d’une mère portugaise et d’un père allemand, mais j’ai passé une grande partie de mon enfance en France et je parlais le français avec mes parents. J’ai grandi entre Paris et New York et j’ai fait mes études dans un lycée français. Mon passé et des liens très forts me rattachent à la France, où vit la seule famille qui me reste en dehors de mes enfants. A dix-huit ans, j’ai renoncé à la nationalité française pour des raisons pratiques qui n’ont rien à voir avec les sentiments. Je n’ai qu’un passeport – américain –, mais je pourrais prétendre à quatre nationalités. En Europe, cela n’a rien d’extraordinaire (j’ai beaucoup d’amis qui ont plusieurs passeports, tout comme leurs enfants), mais aux Etats-Unis, c’est tout à fait inhabituel.
En raison de mes origines, j’ai des liens personnels et sentimentaux très étroits avec la France. J’y ai passé la majeure partie de mon enfance et le français a été ma première langue. C’est là que je suis allée à l’école, que j’ai vécu mes premiers flirts, que je me suis mariée pour la première fois. Ce n’est pas la voix d’Elvis qui a bercé mon enfance, mais celles de Johnny Hallyday, Charles Aznavour, Jacques Brel, Gilbert Bécaud et Sylvie Vartan (justement, j’ai acheté hier quelques-uns de leurs CD et, comme vous pouvez l’imaginer, ce fut une belle promenade dans la rue des Souvenirs ! En fredonnant les airs de ma jeunesse, j’ai retrouvé mes quinze ans ! Et je me rappelle encore toutes les paroles !). C’est merveilleux de pouvoir préserver sa culture et son passé, et de les partager avec ses enfants. Il est réconfortant de savoir que cela fait partie de nous.
A l’heure actuelle, j’ai passé plus de la moitié de ma vie aux Etats-Unis. J’y ai poursuivi mes études universitaires et je m’y suis mariée. Mes enfants sont résolument américains (ils se moquent de moi lorsque ma prononciation est trop « française »). J’écris mes livres en anglais… mais c’est en français que je rédige des poèmes. Je suis heureuse de pouvoir profiter de ces deux mondes.
En Europe, les gens restent très attachés à leur passé. Il fait partie de leur quotidien.
Bien que je vive aux Etats-Unis et que je sois américaine (et fière de l’être), chaque fois que je reviens à Paris, j’ai le sentiment de rentrer chez moi. J’y ai des souvenirs d’enfance, le magasin de jouets que je fréquentais existe toujours, la boîte de nuit où je dansais à seize ans est encore à la mode aujourd’hui, des générations sont allées dans les mêmes restaurants que moi et le café où l’on chantait des chansons paillardes est encore très apprécié des étudiants. Le passé est toujours présent, ici, et le mien s’y trouve aussi : la maison où j’ai vécu enfant, mes camarades d’école… Quand je viens à Paris, j’éprouve une certaine nostalgie. Il n’est pas facile d’effacer ce genre de souvenirs, mais pourquoi le voudrait-on ?
En fait, j’ai une histoire dans les deux pays, je parle aussi bien les deux langues et, quoi qu’en dise mon passeport, je suis extrêmement attachée aux deux cultures. J’en suis d’ailleurs très heureuse car cela ajoute de la consistance et de la profondeur à ma vie ; cela nous enrichit, mes enfants et moi.
De plus en plus, des Américains dont les familles ont émigré aux Etats-Unis depuis plusieurs générations se rendent en Europe pour retrouver leurs racines, rencontrer des parents éloignés et visiter les régions dont leurs ancêtres étaient originaires. En ce qui me concerne, le fait d’avoir grandi en Europe et d’avoir été élevée dans cette culture m’en rapproche encore davantage. Quelqu’un m’a dit récemment que je donnais l’impression de me sentir toujours chez moi à Paris. C’est vrai… Tout comme je me sens chez moi à San Francisco. Mais Paris tient une place particulière dans mon cœur. Ce que j’apprécie, c’est que rien ne change énormément à Paris. Quand j’y retourne, tout est toujours en place et c’est pourquoi, en effet, je m’y sens immédiatement chez moi.
Je suis toujours ravie d’aller à Paris. Je ne connais rien de plus beau que la tour Eiffel illuminée, la nuit, ou l’Arc de triomphe. J’aime me promener dans les beaux jardins de la capitale française. Ils sont étroitement liés aux tendres moments de ma jeunesse. Le cœur se souvient de ce que l’on pensait avoir oublié. Quand vous ne vivez plus là où vous avez grandi, les souvenirs sont toujours présents et ressurgissent dès que vous retournez dans la ville de votre enfance.
Je suis toujours triste de quitter Paris, où je laisse chaque fois un peu de mon cœur. Il n’est pas aisé d’y vivre, mais il est facile d’en tomber amoureux.
Cela me fait penser à une réplique du film Sabrina, avec Audrey Hepburn. Il me semble qu’elle est d’ailleurs de l’écrivain Gertrude Stein. La voici : « L’Amérique sera toujours mon pays, mais Paris sera toujours la ville de mon enfance. » C’est exactement ce que je ressens. Demain, je vais quitter Paris, retourner auprès de mes enfants aux Etats-Unis, et je serai heureuse de les voir, heureuse d’être là-bas… mais je laisserai un peu de mon cœur ici, à Paris. C’est merveilleux d’avoir deux cultures, deux pays à aimer, d’autant qu’ils sont tous les deux extraordinaires !
Avec toute mon affection,
Danielle
Le mot de la Présidente du Club
L’été permet à Danielle de passer d’excellentes vacances avec ses enfants. C’est pour elle un moment privilégié, une parenthèse de bonheur et de détente durant laquelle elle se ressource, oublie tous les tracas du quotidien et retrouve les siens.
Martine Lamarle,
Présidente du Club des Amis de Danielle Steel
Le billet de Danielle
En écrivant ce titre, je ne peux m’empêcher de sourire… N’était-ce pas, pour beaucoup d’entre nous, le sujet de notre première rédaction, à l’école primaire ?
Quoi qu’il en soit, j’ai passé un merveilleux été avec six de mes enfants. Nous avons d’abord séjourné quelque temps à Paris, où nous avons rencontré des amis, sommes allés dans de petits bistrots et avons fait du shopping (il y a des soldes extraordinaires en juillet, à Paris). Mais nous avons aussi flemmardé et profité les uns des autres en bavardant, en jouant aux cartes et au scrabble, en regardant des DVD. Pour moi, c’est toujours un grand bonheur de me trouver avec mes enfants, et je suis heureuse qu’ils acceptent encore de me consacrer un peu de leur temps !
Après Paris, nous sommes allés dans le sud de la France, comme chaque année depuis leur naissance (moi-même, j’y passais mes vacances étant enfant). Là-bas, il y a toujours énormément de monde à cette période de l’année. Il y fait chaud, la Méditerranée est belle et attire de nombreux estivants. Autrefois, nous y passions plusieurs semaines. Aujourd’hui, nous nous contentons d’un ou deux jours, principalement pour respecter la tradition familiale et rappeler de bons souvenirs à mes enfants. Ils amènent tous un ami ou une amie avec eux, et nous séjournons dans un vieil hôtel très agréable, au bord de la mer, où la cuisine est délicieuse et où il règne une ambiance familiale. Nous y sommes restés deux jours, puis, ainsi que nous en avons l’habitude depuis plusieurs années, nous nous sommes rendus à Monaco, où se trouvait le bateau que je loue pour aller en Italie. J’aime beaucoup Monaco, même si nous n’y séjournons que peu de temps, au début et à la fin de notre voyage.
Nous avons quitté Monte Carlo pour Portofino, une charmante petite ville dotée d’un port très pittoresque. C’est l’une de nos destinations préférées. La nuit, du bateau, on peut admirer une vieille forteresse illuminée, tout en haut d’une colline, ainsi qu’une église sur une seconde hauteur qui fait face à la première. C’est l’un des endroits les plus beaux que je connaisse. Ensuite, nous avons repris la mer en direction de l’île d’Elbe, et de là nous avons gagné la Sardaigne, où de nombreux Italiens prennent leurs vacances. Nous avons essuyé un grain, mais cela n’a pas été dramatique et nous l’avons vite oublié. Sur le chemin du retour, nous avons fait une halte en Corse et nous nous sommes baignés dans l’eau transparente. L’île est magnifique avec ses paysages sauvages, relativement épargnés par le modernisme. Nous sommes ensuite repartis vers Monte Carlo. C’était la fin des vacances et, en rendant le bateau, j’ai eu l’impression d’être Cendrillon quand son carrosse redevient citrouille et ses cochers souris blanches.
Nous avons regagné Paris ensemble. Puis, un à un, mes enfants sont partis. Ces vacances ont été parfaites, surtout en ce qui me concerne, parce qu’ils sont là. Je suis très heureuse que chaque été nous puissions faire ensemble des voyages aussi agréables… Et je commence déjà à compter les jours jusqu’aux vacances de l’an prochain !
J’espère que vous aussi, vous passez un bon été.
Danielle
Le mot de la Présidente du Club
Lorsque l’on rencontre Danielle, on est frappé par sa bonté, sa chaleur, sa gentillesse, sa simplicité. Ces qualités se manifestent particulièrement dans le billet qu’elle nous livre ici.
Martine Lamarle,
Présidente du Club des Amis de Danielle Steel
Le billet de Danielle
J’aime beaucoup la Bible. Elle m’apporte une sérénité dont j’ai souvent besoin, particulièrement le soir lorsque je vais me coucher. Mes journées sont stressantes et font fréquemment vingt heures. Entre mes enfants, mon travail, une foule d’obligations et de responsabilités, je n’arrête pas. Aussi, la lecture de la Bible me calme. Elle me donne le recul nécessaire pour prendre conscience que je ne porte pas le monde entier sur mes épaules. J’y trouve aussi la voie à suivre dans mes relations avec les autres, que ce soit dans ma manière de les traiter comme dans celle dont je souhaite être traitée.
Un passage me plaît particulièrement et j’avais envie de vous en faire profiter. Il est tiré de la lettre aux Ephésiens, 4, 32, et le voici : « Soyez bons et compatissants, pardonnez-vous les uns les autres. » Il me touche singulièrement et me va droit au cœur. Il me fait réfléchir sur ma journée et sur la façon dont je me suis comportée. Nous avons tous des moments où tout semble nous échapper, y compris nos réactions. Me suis-je montrée désagréable? Ai-je manqué de délicatesse, de compassion ? Pour moi, être compatissant, altruiste, bon, savoir pardonner aident à devenir meilleur et à réussir notre vie aussi bien sur le plan amoureux que professionnel. Lorsque je lis ce précepte, je me promets d’essayer de l’appliquer et de garder ces trois notions à l’esprit. Le pardon est particulièrement important. Nous n’allons pas loin, dans la vie, si nous sommes incapables de pardonner à notre prochain, même si parfois il y a beaucoup à pardonner. J’ai toujours du mal à accorder mon pardon à ceux qui m’ont vraiment blessée, mais je m’y efforce. Le refus de pardonner est le plus sûr moyen de détruire définitivement une relation. Il faut savoir se montrer indulgent. Il n’y a rien de pire que d’être avec quelqu’un qui refuse d’oublier vos fautes ou vos erreurs et vous en rebat les oreilles chaque fois qu’il en a l’occasion. J’ai vécu cette situation et je peux vous assurer qu’il n’y a rien de pire. Si vous agissez ainsi, les blessures ne se referment jamais. L’absence de tolérance, le rappel constant de nos torts interdisent toute guérison. On me demande souvent ce que j’attendrais d’un homme, si je retombais amoureuse. Pour moi, en priorité, il devrait être bon. Beaucoup disent souvent qu’ils recherchent quelqu’un qui les fasse rire ou qui ait le sens de l’humour. Je peux vivre avec un homme qui n’a pas d’humour (quoique j’aime rire) car je peux m’amuser avec mes amis. En revanche, je ne peux pas vivre sans bonté.
Récemment, à un mariage, alors que je félicitais le marié, j’ai été vraiment choquée de la réflexion qu’il a eue à propos de son épouse. Il m’a dit qu’elle était « très drôle », comme s’il s’agissait de sa principale qualité. Est-ce vraiment suffisant pour souder un couple ? Est-ce vraiment le plus important ? Si je venais de me marier, je n’aimerais pas que mon conjoint vante son bonheur en se bornant à dire que je suis « drôle ». Je voudrais qu’il parle de moi comme quelqu’un de solide, de fiable, d’attentif, de bon, d’intelligent, d’aimant… Bref, comme quelqu’un de bien… pas seulement « drôle ». A mes yeux, la drôlerie est loin d’être suffisante. Mais cet ami est plus jeune que moi. Pour ma part, j’ai connu suffisamment de situations difficiles et éprouvantes pour savoir qu’il faut plus que de l’entrain et du rire pour les affronter.
Quoi qu’il en soit, ces quelques mots tirés de la lettre aux Ephésiens me réconfortent et je vous souhaite d’être vous aussi bon, compatissant, tolérant et de savoir pardonner. Il n’y a rien de meilleur au monde ! Atteindre ce but me semble être un excellent objectif.
Le mot de la Présidente du Club
Vous le savez, Danielle adore la France et passe souvent l’été dans le sud de la France. C’est là qu’elle a découvert, sur les hauteurs d’Antibes, cette petite église et sa chapelle, et qu’elle en est tombée amoureuse. En lisant Une femme libre, qui vient juste d’être publié, vous allez retrouver cette même église, petit clin d’œil de l’écrivain à la réalité.
Martine Lamarle,
Présidente du Club des Amis de Danielle Steel
Le billet de Danielle
En visitant le sud de la France, j’ai découvert, il y a plusieurs années, une ravissante petite église du XVIe siècle et sa chapelle du XIIIe siècle. On raconte que des miracles s’y sont produits, et, d’ailleurs, si vous souhaitez qu’on prie pour vous ou si vous espérez un miracle, il y a un livre à l’entrée où vous pouvez écrire votre nom (ou celui d’une personne que vous aimez).
Cette église, toute simple, s’appelle Notre-Dame-de-la-Garoupe, et sa chapelle Notre-Dame-de-Bon-Port possède une statue de Marie tenant un bateau entre ses mains. On dit que les marins viennent là depuis des siècles. Ils prient pour que la mer leur soit clémente, ou bien ce sont leurs épouses qui prient pour qu’ils reviennent sains et saufs. Elle est située en haut d’une colline qui domine le cap d’Antibes, d’où l’on peut voir toute la côte. Je l’ai découverte par hasard, il y a plusieurs années, et j’en suis immédiatement tombée amoureuse. A l’intérieur, on éprouve une incroyable sensation de paix, et, dehors, les gens s’installent pour se reposer, pique-niquer ou se désaltérer, tout en admirant la vue. J’ai toujours l’impression que de très bonnes choses sont arrivées en ce lieu et que cela continue (ce serait l’endroit idéal pour un mariage tout simple).
J’apprécie tout particulièrement les ex-voto accrochés aux murs, témoignages de gratitude pour remercier la Vierge des miracles qu’elle a accomplis. Certains sont gravés dans le marbre, d’autres dans le bois, ou simplement écrits, ou encore peints et encadrés. L’un de mes préférés date du XVIe siècle. Il a été rédigé par un homme qui rend grâce au ciel de lui avoir permis de s’évader de prison et d’avoir vécu ensuite une vie heureuse. Chaque fois que je le lis, je ne peux m’empêcher de sourire.
Je m’y rends aussi souvent que je le peux et, si vous êtes dans la région, je vous conseille d’y aller aussi. C’est un lieu touristique, mais il est très peu fréquenté, et vous y jouirez d’une vue superbe. Si vous voulez y prier, vous éprouverez un profond sentiment de paix et de réconfort. Il s’en dégage de très bonnes ondes.
J’adore cet endroit !
Le mot de la Présidente du Club
C’est vrai que le mot « amour » est synonyme de jeunesse. Mais c’est vrai aussi qu’il n’y a pas d’âge pour tomber amoureux. Et voir des couples qui n’ont plus vingt ans se tenir par la main, se regarder avec tendresse, est toujours attendrissant et porteur d’espoir, car cela signifie que le bonheur se rencontre à tout âge.
Martine Lamarle,
Présidente du Club des Amis de Danielle Steel
Le billet de Danielle
L’année dernière, j’ai reçu le faire-part de mariage de deux amis que je connais de longue date, à Paris. Elle doit avoir une cinquantaine d’années et lui, dans les soixante. Sur le faire-part, la mariée avait ajouté à la main la phrase : « L’amour n’a pas d’âge. » Cela m’a fait sourire et je me suis vraiment réjouie pour eux. Surtout que sur la photo qui accompagnait le carton, ils semblaient très heureux.
Cela m’a rappelé que récemment, lors d’un déjeuner, mon fils aîné et l’une de mes amies étaient du même avis, assurant qu’il n’y a pas d’âge pour tomber amoureux, que cela peut survenir n’importe quand, à vingt ans comme à soixante-dix. Je dois reconnaître que j’aime cette idée.
Il n’y a pas longtemps, l’une de mes filles m’expliquait tout ce qu’elle devait avoir fait avant trente ans. En l’écoutant, je me suis dit que nous n’avons pas à nous fixer de telles limites. Mais je sais qu’à son âge je pensais la même chose. Bien souvent, nous éprouvons le besoin de nous fixer des objectifs, de nous engager à faire ceci ou cela à vingt, trente, quarante ans ou plus. Mais pourquoi ? Aujourd’hui, les gens paraissent plus jeunes, ils sont en meilleure santé, se lancent dans les affaires ou dans de nouvelles aventures, ont même des enfants et se marient bien plus tard qu’autrefois. Avec la mode actuelle, je porte des vêtements que je n’aurais jamais osé mettre à trente ans. Des portes se sont ouvertes et de nouvelles possibilités s’offrent à tous. Ce qu’il faut, c’est toujours garder l’esprit ouvert et ne pas s’imposer d’interdits.
Pourtant, je suis la première à m’être fixé des limites, particulièrement par rapport à l’âge. Je ne peux pas m’empêcher de penser qu’il est ridicule d’accepter des rendez-vous, de tomber amoureux ou de se marier après un certain âge. Mais pourquoi ? Pourquoi ne pourrait-on pas tomber amoureux à n’importe quel âge ? Pourquoi serait-il interdit de prendre un deuxième, un troisième ou un quatrième départ dans la vie, que cela concerne un nouvel amour, une nouvelle carrière ou une nouvelle maison ? Quand j’entends quelqu’un me l’affirmer, surtout s’il agit de l’un de mes enfants, j’ai tendance à le croire davantage. Cette idée que « l’amour n’a pas d’âge » est géniale. Et le seul fait d’y penser me donne de l’espoir… N’est-ce pas merveilleux d’imaginer que nous puissions tomber amoureux à n’importe quel âge ?
Je trouve cette idée extrêmement séduisante !
Le mot de la Présidente du Club
Vous n’aimiez pas les choux de Bruxelles étant enfant, Danielle non plus. Cela vous a marqué pour la vie. Danielle aussi. Quels sont ses goûts alimentaires, les restaurants qui lui plaisent et ceux qu’elle ne supporte pas ? Elle nous dit tout… ou presque !
Martine Lamarle,
Présidente du Club des Amis de Danielle Steel
Le billet de Danielle
Je vais vous faire une révélation – une confession, devrais-je dire : je mange peu et je ne bois pas d’alcool. Mes parents, qui appartenaient à la vieille école, avaient une conception très particulière de l’éducation. Je n’avais pas le droit de quitter la table tant que je n’avais pas mangé tout ce que contenait mon assiette. Parfois (souvent), je restais assise jusqu’au repas suivant, à fixer d’horribles haricots blancs, des choux de Bruxelles ou des plats à l’aspect écœurant, qui devenaient de plus en plus repoussants à mesure qu’ils se figeaient dans mon assiette. Alors, je pleurais. Le résultat est que je n’aime pas beaucoup de légumes. Souvent, je cachais les épinards ou les choux dans mes poches, où immanquablement on les trouvait. Parfois aussi je donnais ce dont je ne voulais pas au chien – c’est pourquoi il avait énormément grossi et souffrait de problèmes digestifs. Lui non plus n’aimait pas beaucoup les haricots. Une autre conséquence de cette éducation stricte – et je ne l’ai compris que récemment – est que je n’ai jamais beaucoup aimé cuisiner et que je déteste rester à table pendant des heures. Dans un restaurant, je mange, je paie et je pars. En outre, je n’ai jamais été gourmande. Il m’a fallu des années pour parler de nourriture dans mes livres et je ne l’ai fait que parce que mes éditeurs ont beaucoup insisté. Si je suis seule, je me contente d’un œuf, d’un sandwich, d’un biscuit ou d’un morceau de chocolat. Je vais au plus rapide et au plus facile, et il m’arrive même de sauter des repas. J’ai conscience de ne pas me nourrir comme il le faut. Aujourd’hui encore, je n’ai jamais envie de légumes. Je les regarde toujours d’un œil soupçonneux. Les seules choses vertes que j’apprécie vraiment, ce sont les émeraudes (oups ! désolée !). Quant au fait que je n’aime pas l’alcool, c’est de famille. Il en allait de même pour mes grands-parents et mon père, et pourtant ils possédaient une brasserie connue (ils n’ont jamais révélé à quiconque qu’ils ne buvaient pas). Je n’ai jamais aimé le goût de l’alcool, pas plus que ses effets (je me sens tout de suite malade ou pompette lorsqu’il y en a dans un plat. Peut-être y suis-je allergique ?). Deux de mes enfants sont comme moi. Cela ne me gêne pas que les autres boivent. Moi, ma boisson de prédilection est l’eau (et occasionnellement le thé déthéiné).
Cela dit, j’ai remarqué que beaucoup de choses se passent autour d’une table. J’adore inviter mes amis à dîner. Dans ce cas, cela ne m’ennuie pas de rester assise pendant des heures, tant les conversations me plaisent. J’aime aller au restaurant avec des amis. Pour moi, le plus important est de savoir non pas ce que je mange, mais avec qui. J’ai mes restaurants préférés dans toutes les villes où je vais régulièrement. Je suis plus intéressée par l’atmosphère qu’ils dégagent que par la cuisine. Je N’AIME PAS ces établissements soi-disant raffinés où vous restez assis pendant quatre heures avec, entre des plats trop lourds, des petits « amuse-bouche » qui font traîner le repas encore plus en longueur. Et je DÉTESTE qu’on fasse des manières. J’apprécie d’être bien servie, mais je déteste les courbettes qu’on me fait sous prétexte que je suis « célèbre » (je ne me sens pas célèbre et j’ai horreur d’attirer l’attention). Je préfère me glisser discrètement dans un restaurant et y rester sans me faire remarquer. Je ne suis donc pas une bonne cliente pour les établissements trop sophistiqués, pas plus que je n’apprécie les repas qui durent trois heures. A San Francisco, mes deux restaurants préférés sont dépourvus de toute prétention. L’un se trouve tout près de chez moi. On n’y fait pas de chichis et on y sert des plats simples mais bons. L’autre est tout aussi agréable et la cuisine y est délicieuse. Parfois, j’y emmène ou j’y retrouve des amis. Dans l’un comme dans l’autre, je peux dîner en une heure. Les établissements qui vous servent en trois ou quatre heures, avec toutes sortes de cérémonials et d’effets pompeux, ne me revoient jamais. J’ai horreur qu’on me présente chaque plat en me détaillant les ingrédients, les herbes et les épices qui le composent, ou qu’on me précise de quelle partie du monde il vient et comment il a terminé dans mon assiette. Qu’on le pose devant moi sans explications à n’en plus finir et, s’il est bon, je le mangerai. Je me moque de son nom et de ses origines. Je ne me soucie pas de savoir à quelle époque de l’année tel ingrédient a été sélectionné ou cueilli (je sais, je suis une barbare).
Quand je me trouve à Paris, comme je ne suis pas une fanatique des mets sophistiqués et des longs repas, la plupart du temps je vais dans les bistros de mon quartier, des petits restaurants où l’on propose de la cuisine typiquement française. Ils sont bruyants, bondés, les salles sont pour la plupart petites, la nourriture est simple, mais ils me conviennent parfaitement. Et, lorsqu’il fait beau, des tables sont disposées à l’extérieur, sur le trottoir, et j’adore y déjeuner ou dîner.
Pour finir, je dirais que, lorsque je sors, mes restaurants préférés sont ceux avec vue ou en terrasse. Mais, la plupart du temps, je mange chez moi ou chez des amis.