Soutien émotionnel

Le mot de la présidente du Club

Nous savons tous combien Danielle aime les animaux. Dans ce billet, elle nous parle avec beaucoup d’humour de la place qu’ils occupent dans sa vie.

Le billet de Danielle

Récemment, j’ai appris quelque chose. Comme je vous l’avais annoncé en novembre, j’ai adopté une petite chienne, un chihuahua blanc à poil long, appelée Minnie Mouse. Quand elle est arrivée chez moi, elle avait dix semaines et ne pesait que cinq cents grammes. Aujourd’hui, à l’âge de quatre mois, elle pèse un kilo. Elle est absolument adorable, très gentille, et VRAIMENT minuscule. Je l’ai adoptée pour pouvoir emmener un chien avec moi quand je vais en France. Les chiens que j’ai à la maison, et que j’adore, dépassent tout juste le poids maximum autorisé pour un voyage international, ils ne peuvent donc pas m’accompagner en cabine (ou en tout cas, c’est ce que je croyais). Minnie, elle, est assez petite pour que je puisse la transporter dans un sac de voyage et la garder avec moi dans l’avion. Par contre, je me suis vite rendu compte qu’une chienne d’un kilo était comme un bébé : ce que j’emporte pour elle, les hauts de toutes les couleurs, les laisses, les colliers, les gamelles, les couvertures, son panier, ses jouets préférés, les alèses, la nourriture, bref, tout ce dont peut avoir besoin un chien beaucoup trop gâté, pèse BIEN PLUS d’un kilo. La première fois que j’ai voyagé avec Minnie, ses affaires remplissaient la moitié d’une valise ! L’une de mes filles m’a aussi offert un petit chapeau rose ridicule (avec des trous pour les oreilles), au cas où il ferait froid à Paris. Jusqu’ici, Minnie a toujours refusé de le porter, mais je l’ai pris quand même. Bref, vous imaginez le tableau : un chien minuscule, une maîtresse gâteuse, une montagne d’objets à fourrer dans la valise !

Les préparatifs pour emmener un chien sur un vol international étaient bien plus compliqués que je ne le pensais. Il me fallait des certificats de santé et de vaccination officiels et tamponnés à présenter à la compagnie aérienne puis lors de l’arrivée en France, un permis de posséder un chien émis aux Etats-Unis, et tout un tas d’autres documents. Minnie devait aussi se faire implanter sous la peau une « puce internationale » qui puisse être détectée par les scanners européens, au cas où elle se perdrait en France. Ensuite, pour le voyage lui-même, il fallait acheter un sac de transport de taille réglementaire (le chien doit rester à l’intérieur pendant toute la durée du vol). Enfin, je devais effectuer une réservation (il ne peut y avoir que sept animaux de compagnie dans la cabine) et m’acquitter d’un petit supplément. Pfiou ! Tout cela était bien compliqué. Mais il est important de respecter les règles. Vous ne voudriez pas que votre chien se retrouve en quarantaine parce que vous n’avez pas apporté les bons documents !

Il m’a fallu quelques mois pour réunir tous les papiers et faire vacciner Minnie. Celle-ci a raté un de mes voyages en France en attendant, mais finalement, tout a été prêt. Le jour J, armée de mes papiers, je suis arrivée à l’aéroport pour mon premier voyage avec Minnie. (Non, elle ne portait pas le chapeau rose, mais je lui avais mis un petit haut noir qu’elle détestait et n’arrêtait pas d’enlever.)

A notre arrivée, voilà la première question qu’on m’a posée : « S’agit-il d’un chien de soutien émotionnel ? » Euh… Plaît-il ? Je me demandais s’ils s’interrogeaient sur l’utilité de voyager avec un chien vêtu d’un petit haut noir, dont les affaires occupaient la moitié d’une valise. (Peut-être quelqu’un leur avait-il parlé du chapeau ?) Devant mon absence de réaction, ils m’ont répété la question d’un air sérieux : « S’agit-il d’un chien de soutien émotionnel ? » Hmm… eh bien, je l’adore, c’est une merveilleuse petite chienne, alors oui, je suppose qu’elle me procure un certain soutien émotionnel. « Ah… alors c’est différent », ont-ils déclaré, avant de me demander un certificat pour le prouver. Et ça, je ne l’avais pas. Une foultitude d’habits, oui, un milliard de jouets, oui, de la nourriture, des papiers concernant sa puce et ses vaccins, oui… mais aucun certificat prouvant qu’il s’agissait d’un chien de soutien émotionnel. Alors a débuté l’un de ces fameux dialogues de sourds où chacun des interlocuteurs (ou l’un d’eux en l’occurrence : moi) ignore ce que l’autre raconte. Je connaissais les chiens d’assistance, comme les chiens guides d’aveugles, et j’avais même entendu parler de chiens d’assistance pour personnes épileptiques, capables de détecter le début d’une crise avant leur maître et de l’avertir. Quelle que soit leur taille, les chiens d’assistance sont autorisés à voyager en cabine. Cela m’est rarement arrivé, mais j’en ai déjà vu, assis bien sagement aux pieds de leur maître dans l’avion. Eh bien, devinez quoi ? Les chiens de soutien émotionnel font désormais officiellement partie de la même catégorie. Le représentant de la compagnie aérienne m’a expliqué que si on déclare avoir la phobie de l’avion, et qu’on possède un certificat pour le prouver, on a le droit d’emmener son chien dans la cabine, sans sac de transport, sans réservation, sans restriction de taille (vous pourriez emmener un dogue allemand ou un saint-bernard, je suppose) ni de poids (sinon, pour les chiens normaux, le maximum autorisé est de six kilos pour un vol international, et de dix kilos pour un vol aux Etats-Unis, il me semble), et sans avoir à payer de supplément (j’avais versé 125 dollars pour voyager avec Minnie). J’étais sidérée d’apprendre cela. D’abord, tellement de gens ont peur de prendre l’avion, surtout depuis le 11 Septembre, que s’ils emmenaient tous un chien avec eux, la cabine ressemblerait à l’arche de Noé. Je pense que la plupart des gens ne sont pas au courant de cette nouveauté. Je n’en avais jamais entendu parler. Je suis sûre qu’il faut quand même faire vacciner son chien et préparer tous les papiers, mais les compagnies aériennes font visiblement preuve de compréhension envers les personnes qui ont peur de prendre l’avion et ont besoin d’emmener leur chien avec eux. J’ai été très étonnée que ceux-ci ne soient pas obligés de rester dans un sac (comme Minnie, ce redoutable molosse d’un kilo !). Ma pauvre petite chienne a dû se sentir un peu mise à l’écart, malgré son petit haut, son collier rose, tous ses jouets, et le chapeau rose dans sa valise. Plus sérieusement, je trouve cela formidable que les compagnies aériennes se préoccupent des gens angoissés par l’avion (il y en a plusieurs dans ma famille) et comprennent que voyager avec leur chien les rassurera. Cela m’a vraiment touchée. Il faut présenter un certificat, et je ne sais pas trop de quoi il s’agit (une lettre d’un médecin attestant que vous avez la phobie de l’avion, peut-être ? je n’ai pas demandé), mais c’était vraiment une découverte pour moi ! Je trouve cela fascinant. Alors si jamais vous voyez un gros chien assis aux pieds d’un passager dans un avion, vous saurez désormais pourquoi il est là : pour procurer un soutien émotionnel. Et si vous apercevez un minuscule chihuahua blanc portant un petit haut et un chapeau rose… vous saurez qui c’est ! Miss Minnie !

Affectueusement,

Danielle

2 réponses à “Soutien émotionnel”

  1. Si vous souhaitez voyager avec un chien* à titre d’animal de soutien affectif ou psychiatrique, vous devrez vous assurer que l’animal porte un harnais. Vous devrez également fournir les documents justificatifs sous la forme d’une lettre portant l’en-tête d’un professionnel de la santé mentale agréé (p. ex. un psychologue, un psychiatre, le médecin généraliste qui traite la déficience mentale ou affective du passager, ou un travailleur social clinicien agréé) datée au cours de l’année précédant la date de départ.

  2. Martine :apaix dit :

    Merci beaucoup Danielle Steel
    j’ai vous aime beaucoup beaucoup et mille merci pr le livre « une grace infinie » et pr les autres aussi
    mais je me retrouve dans le livre de Une grace…. puisque je vis en haiti et apres le seisme …..
    enfin Mille merci
    Martine

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