Les plaisirs de la table
Le mot de la Présidente du Club
Vous n’aimiez pas les choux de Bruxelles étant enfant, Danielle non plus. Cela vous a marqué pour la vie. Danielle aussi. Quels sont ses goûts alimentaires, les restaurants qui lui plaisent et ceux qu’elle ne supporte pas ? Elle nous dit tout… ou presque !
Martine Lamarle,
Présidente du Club des Amis de Danielle Steel
Le billet de Danielle
Je vais vous faire une révélation – une confession, devrais-je dire : je mange peu et je ne bois pas d’alcool. Mes parents, qui appartenaient à la vieille école, avaient une conception très particulière de l’éducation. Je n’avais pas le droit de quitter la table tant que je n’avais pas mangé tout ce que contenait mon assiette. Parfois (souvent), je restais assise jusqu’au repas suivant, à fixer d’horribles haricots blancs, des choux de Bruxelles ou des plats à l’aspect écœurant, qui devenaient de plus en plus repoussants à mesure qu’ils se figeaient dans mon assiette. Alors, je pleurais. Le résultat est que je n’aime pas beaucoup de légumes. Souvent, je cachais les épinards ou les choux dans mes poches, où immanquablement on les trouvait. Parfois aussi je donnais ce dont je ne voulais pas au chien – c’est pourquoi il avait énormément grossi et souffrait de problèmes digestifs. Lui non plus n’aimait pas beaucoup les haricots. Une autre conséquence de cette éducation stricte – et je ne l’ai compris que récemment – est que je n’ai jamais beaucoup aimé cuisiner et que je déteste rester à table pendant des heures. Dans un restaurant, je mange, je paie et je pars. En outre, je n’ai jamais été gourmande. Il m’a fallu des années pour parler de nourriture dans mes livres et je ne l’ai fait que parce que mes éditeurs ont beaucoup insisté. Si je suis seule, je me contente d’un œuf, d’un sandwich, d’un biscuit ou d’un morceau de chocolat. Je vais au plus rapide et au plus facile, et il m’arrive même de sauter des repas. J’ai conscience de ne pas me nourrir comme il le faut. Aujourd’hui encore, je n’ai jamais envie de légumes. Je les regarde toujours d’un œil soupçonneux. Les seules choses vertes que j’apprécie vraiment, ce sont les émeraudes (oups ! désolée !). Quant au fait que je n’aime pas l’alcool, c’est de famille. Il en allait de même pour mes grands-parents et mon père, et pourtant ils possédaient une brasserie connue (ils n’ont jamais révélé à quiconque qu’ils ne buvaient pas). Je n’ai jamais aimé le goût de l’alcool, pas plus que ses effets (je me sens tout de suite malade ou pompette lorsqu’il y en a dans un plat. Peut-être y suis-je allergique ?). Deux de mes enfants sont comme moi. Cela ne me gêne pas que les autres boivent. Moi, ma boisson de prédilection est l’eau (et occasionnellement le thé déthéiné).
Cela dit, j’ai remarqué que beaucoup de choses se passent autour d’une table. J’adore inviter mes amis à dîner. Dans ce cas, cela ne m’ennuie pas de rester assise pendant des heures, tant les conversations me plaisent. J’aime aller au restaurant avec des amis. Pour moi, le plus important est de savoir non pas ce que je mange, mais avec qui. J’ai mes restaurants préférés dans toutes les villes où je vais régulièrement. Je suis plus intéressée par l’atmosphère qu’ils dégagent que par la cuisine. Je N’AIME PAS ces établissements soi-disant raffinés où vous restez assis pendant quatre heures avec, entre des plats trop lourds, des petits « amuse-bouche » qui font traîner le repas encore plus en longueur. Et je DÉTESTE qu’on fasse des manières. J’apprécie d’être bien servie, mais je déteste les courbettes qu’on me fait sous prétexte que je suis « célèbre » (je ne me sens pas célèbre et j’ai horreur d’attirer l’attention). Je préfère me glisser discrètement dans un restaurant et y rester sans me faire remarquer. Je ne suis donc pas une bonne cliente pour les établissements trop sophistiqués, pas plus que je n’apprécie les repas qui durent trois heures. A San Francisco, mes deux restaurants préférés sont dépourvus de toute prétention. L’un se trouve tout près de chez moi. On n’y fait pas de chichis et on y sert des plats simples mais bons. L’autre est tout aussi agréable et la cuisine y est délicieuse. Parfois, j’y emmène ou j’y retrouve des amis. Dans l’un comme dans l’autre, je peux dîner en une heure. Les établissements qui vous servent en trois ou quatre heures, avec toutes sortes de cérémonials et d’effets pompeux, ne me revoient jamais. J’ai horreur qu’on me présente chaque plat en me détaillant les ingrédients, les herbes et les épices qui le composent, ou qu’on me précise de quelle partie du monde il vient et comment il a terminé dans mon assiette. Qu’on le pose devant moi sans explications à n’en plus finir et, s’il est bon, je le mangerai. Je me moque de son nom et de ses origines. Je ne me soucie pas de savoir à quelle époque de l’année tel ingrédient a été sélectionné ou cueilli (je sais, je suis une barbare).
Quand je me trouve à Paris, comme je ne suis pas une fanatique des mets sophistiqués et des longs repas, la plupart du temps je vais dans les bistros de mon quartier, des petits restaurants où l’on propose de la cuisine typiquement française. Ils sont bruyants, bondés, les salles sont pour la plupart petites, la nourriture est simple, mais ils me conviennent parfaitement. Et, lorsqu’il fait beau, des tables sont disposées à l’extérieur, sur le trottoir, et j’adore y déjeuner ou dîner.
Pour finir, je dirais que, lorsque je sors, mes restaurants préférés sont ceux avec vue ou en terrasse. Mais, la plupart du temps, je mange chez moi ou chez des amis.
Bonsoir Danielle,
‘une femme libre’ est là à coté de moi ,j’attendais avec impatience la sortie.
je me réjouis de cette belle lecture…
Du fond du coeur je vous envoie mes sincères salutations et je vous adore,j’ai tous vos livres dans ma bibliothèque.Raymonde
Bonjour Danielle Steel!
j’ai été touchée par ce que vous avez écrit sur la nourriture. parfois il m’arrive de faire la cuisine mais je ne suis pas très douée pour tout vous dire. lorsque je fais des pâtes à l’italienne, je suis tellement maladroite que j’en met de partout, ce qui irrite ma mère. je ne tiens pas de ma grand-mère et de ma mère qui sont de véritables cordons-bleus. en ce qui me concerne j’aime énormément les fruits et légumes mais je ne supporte pas tous ces desserts à la crème. mon dessert préféré c’est une bonne glace à la menthe et au chocolat ou à d’autres parfums comme la framboise, la cerise, le citron, … aussi je suis une personne qui mange lentement à table sauf au restaurant. je suis impatiente de lire votre nouveau roman Une femme libre.
Very Interesting!
Thank You!