La semaine de la mode à Paris

Le mot de la Présidente du Club

Danielle adore la mode et les grands couturiers parisiens. Elle a la chance de pouvoir assister aux défilés de Chanel et de Christian Lacroix, et nous les relate, pour notre plus grand plaisir !

Martine Lamarle,
Présidente du Club des Amis de Danielle Steel

Le billet de Danielle

Quand mes enfants étaient petits, j’emmenais mes cinq filles aux défilés de haute couture, à Paris. C’était extraordinaire, car les robes étaient magnifiques, uniques, portées par des mannequins sublimes dans des décors fabuleux. Deux fois par an, ces défilés représentaient un événement majeur. Aujourd’hui, la plupart des grands couturiers ont disparu et désormais je n’assiste plus qu’à deux défilés par an, en janvier et en juillet, chez Lacroix et Chanel, juste pour admirer la beauté de leurs créations et leur talent.
Dorénavant, quand on parle de la « semaine de la mode », on fait référence à la semaine où les couturiers, deux fois par an, organisent des défilés auxquels sont conviés les journalistes, les rédacteurs en chef des magazines de mode, les vedettes de cinéma, les célébrités. À New York, c’est un événement extrêmement important auquel assistent des représentants de la mode venus du monde entier. Il existe une semaine d’importance égale à Londres, pour les couturiers anglais, et deux autres à Milan et à Paris. C’est chaque fois l’occasion pour les couturiers d’organiser des défilés impressionnants, de montrer des vêtements fabuleux et de définir les tendances de la mode pour la saison qui vient.
Et si, autrefois, j’emmenais mes cinq « petites filles » aux défilés de haute couture, aujourd’hui, ce sont mes « grandes filles » qui m’entraînent à Paris pour assister à des défilés de prêt-à-porter. C’est un monde entièrement différent, mais je suis ravie de m’y rendre avec elles. Trois de mes filles travaillent dans la mode (deux sont stylistes, la troisième rédactrice dans un magazine de mode). Elles sont donc présentes à ces défilés, aussi bien à Paris qu’à New York. L’une d’entre elles va même à ceux de Milan. Je les ai rejointes à Paris pour y aller avec elles. Ce fut à la fois fascinant et excitant, et surtout très amusant.
Chacun des défilés auxquels j’ai assisté avec elles possédait sa propre personnalité. Tous furent magnifiques et très différents les uns des autres.
Certains sont faciles d’accès, d’autres pas du tout. Des journalistes de mode du monde entier viennent les voir. Autour de vous, vous entendez parler français, anglais, allemand, italien, russe, espagnol, japonais et bien d’autres langues encore. Vous y rencontrez de nombreux visages connus et quelques personnages originaux (avec, par exemple, des cheveux d’une couleur surprenante qui n’a rien d’humain, sauf si l’on considère que les cheveux peuvent être naturellement verts ou violets…). Certaines personnes sont très élégantes, d’autres complètement débraillées. Il y a autant d’hommes que de femmes, et la plupart sont vêtus à la dernière mode. C’est un vrai spectacle. Les mannequins sont très beaux. La tendance actuelle est le genre extraterrestre, avec un maquillage blanc, un regard vide et une démarche robotisée, si bien qu’elles ressemblent à des machines très chic. Mais l’ensemble est époustouflant !
Le premier défilé auquel j’ai assisté fut celui de Givenchy. Les vêtements tout comme les mannequins étaient splendides. Il avait lieu dans un immeuble délabré (peut-être un ancien entrepôt ?) situé dans le quartier « branché » du Marais. Devant une porte tout à fait banale, mille personnes environ stationnaient sous la pluie. Il fallut attendre une demi-heure avant que la porte s’ouvre. Les gens se précipitèrent alors d’un seul élan, se poussant et jouant des coudes (alors que toutes les places étaient nominatives). Le trottoir était en mauvais état (et malheureusement je portais des talons hauts), les gens impatients et excités. On se serait cru dans une scène de foule sur un tournage ou dans les tribunes d’un match de football, quand les supporters se ruent sur les gradins. Pendant une minute, ce fut un peu la panique, puis nous réussîmes à entrer toutes les trois et à trouver nos places. Il fallut attendre encore une heure avant que le défilé commence, mais nous ne regrettâmes pas d’avoir dû patienter et de nous être fait bousculer dehors. Ce fut un spectacle magnifique et excitant, que j’ai adoré, assise entre mes deux filles. J’ai eu l’impression que la boucle était bouclée : aujourd’hui, c’étaient elles qui m’emmenaient voir un spectacle tout nouveau pour moi, tout comme je les emmenais voir les défilés lorsqu’elles avaient six, sept et huit ans. A l’époque, c’était nouveau et excitant pour elles.
Le second défilé que je vis avec l’une de mes filles fut celui d’Yves Saint Laurent, au Palais de Tokyo, près de la tour Eiffel. Après avoir gravi les marches, nous nous installâmes et, quelques minutes plus tard, le spectacle commença. La collection était époustouflante, les vêtements de toute beauté et très élégants (j’eus même envie d’un tailleur-pantalon et d’un chemisier !).
Le suivant fut celui de Chanel et il me stupéfia. Il se tenait au Grand Palais, qui venait d’être rénové, et les organisateurs avaient fait des merveilles : tout était noir et blanc. On nous dirigea vers nos fauteuils avec beaucoup d’efficacité, et le défilé commença à l’heure dite. Et quel spectacle ! Des tenues pour la plupart noir et blanc, avec des touches de rose et de vert, des chapeaux, des bijoux extraordinaires, des caleçons longs fantastiques (en laine rose !!), des collants, des tailleurs, de superbes ensembles, portés par des mannequins d’une grande beauté. Parmi eux se trouvaient quatre hommes. Le tout avait une classe incomparable.
Nous nous rendîmes également au défilé de Vuitton. Il était organisé sous une tente transparente, dans l’une des cours du musée du Louvre. Là encore, le spectacle fut d’une beauté saisissante (les tenues avaient été créées par Marc Jacobs).
Notre dernier défilé fut celui de Miu Miu, totalement différent des précédents. Il avait lieu dans une belle et vieille maison, proche de là où j’habitais, ce qui était très commode pour moi. Dès notre arrivée, des serveurs proposèrent des boissons et des chocolats, puis, après nous avoir fait gravir un escalier de marbre, ils nous emmenèrent à l’étage où étaient disposées des rangées de chaises pliantes recouvertes de brocart. Une fois que nous fûmes installés, les mannequins défilèrent au milieu de nous, si proches que nous aurions pu les toucher. Cette présentation fut moins formelle que les autres et elle conclut magnifiquement ma « semaine de la mode ». Je rentrai ensuite à pied avec l’une de mes filles et nous ôtâmes nos tenues élégantes (on doit bien s’habiller, quand on fréquente ce genre d’endroits, car les journalistes prennent beaucoup de photos). J’enfilai un jean et je repensai à tout ce que je venais de vivre. Mes filles se rendent plus souvent que moi aux défilés et elles ne m’emmènent voir que ceux dont elles pensent que je les apprécierai. Ce fut le cas ! Je venais de passer une semaine inoubliable !!
Ce soir-là, nous sommes allées au restaurant. Nous étions détendues. La course effrénée aux défilés était terminée. Nous n’avions plus à nous sentir en représentation, à saluer, courir, noter les collections et les shows. À mon grand regret, le lendemain matin, mes deux filles me quittèrent afin de s’envoler pour Los Angeles et New York.
Je me retrouvai seule, comme Cendrillon après le bal. Cette semaine extraordinaire avait pris fin.  Plus de défilés, de mannequins, de beaux vêtements, de photographes… L’enthousiasme était tombé, mes filles étaient à des milliers de kilomètres.
J’ai mis un jean, je suis allée dans ma salle des ventes favorite à Paris et j’ai fait des courses. Je n’avais plus personne avec qui parler ou rire de ce que j’avais vu dans la journée.
Vraiment, cette semaine a été extraordinaire et je me sens privilégiée de l’avoir vécue avec mes filles. Comme un rêve magique, la semaine de la mode a disparu… jusqu’à la prochaine fois.
J’espère que les filles m’y emmèneront encore !

Danielle Steel

2 commentaires sur “La semaine de la mode à Paris”
  1. JACOB dit :

    Bonjour,

    j’ai apprécié ce petit résumé d’une journée mode de Danielle Steel, comme je l’a comprends quand elle évoque son immense plaisir à parcourir les défilés avec ses filles, je ressens l’incommensurable amour vis à vis de ses enfants, et l’on ne peut s’étonner qu’elle sache si bien transmettre de telles émotions dans ses romans, cela vient droit du coeur !
    Félicitations et encore merci

    Véronique JACOB

  2. ERTZ Astride dit :

    Bonjour j’adore la lecture et je suis une fan de DANIELLE STEEL, je suis toujours contente lors de la sortie de vos livres. Félicitations et merci pour les moments de détente.

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