VIVRE À PARIS – VIVRE À SAN FRANCISCO

Le mot de la Présidente du Club :

“Vous le savez, Danielle adore Paris et y vient très souvent. Elle nous livre ici toutes les différences qu’elle voit entre Paris et San Francisco, et la façon dont elle nous perçoit. C’est très instructif et cela nous en apprend beaucoup sur le mode de vie américain.”
Martine Lamarle
Présidente du Club des Amis de Danielle Steel

Le billet de Danielle :

Je sais que je vous l’ai déjà dit, mais je suis toujours frappée par le contraste qui existe entre ma vie à Paris et celle que je mène à San Francisco. Dès que j’arrive à Paris, je n’ai qu’une seule envie : sortir, voir mes amis, faire du shopping (quand je peux raisonnablement me le permettre, en fonction de mon budget !) et m’amuser. Je fais un effort pour bien m’habiller. Même si je porte des vêtements décontractés, je fais en sorte que d’être élégante. A Paris, les gens semblent accorder davantage d’importance à leur apparence que les Californiens, dont les tenues sont plus relâchées. Excepté à Los Angeles, très influencé par Hollywood. Dans cette ville, les femmes me semblent toutes sexy, avec leurs cheveux blonds, leurs jeans moulants et leurs talons-aiguilles. On y voit des tenues provocantes, beaucoup de décolletés, des femmes mûres qui paraissent beaucoup plus jeunes que leur âge. A San Francisco, en revanche, les gens sont pour la plupart habillés comme s’ils allaient faire de la marche à pied ou du jardinage. En Californie, on aime le sport et le grand air (ce qui n’est pas du tout mon cas). Les habitants de San Francisco portent souvent des sandales confortables mais plutôt moches, des tongs, des Crocs ou encore des chaussures de sport. On se préoccupe davantage de son confort que de son apparence. C’est contagieux, puisque j’en fais autant. Quand je suis à San Francisco, je me sentirais ridicule si je me mettais sur mon trente et un. A Paris, c’est différent. Même les gens qui n’ont pas beaucoup de moyens font un effort pour être corrects et à la mode.

Plus personne au monde ne s’habille comme autrefois. Quand je suis arrivée pour la première fois à San Francisco, à la fin des années soixante, on ne pouvait pas aller en ville sans un chapeau et des gants ! C’est terminé depuis bien longtemps ! Mais les Parisiennes prennent vraiment soin de leur apparence, ce qui m’incite toujours à faire davantage d’efforts quand je suis à Paris. J’ai aussi remarqué que les hommes, en France, regardent avec intérêt et admiration les femmes quel que soit leur âge, ce qui les encourage certainement à se faire belles. A l’inverse, il me semble que les hommes aux Etats-Unis sont plus attirés par les femmes jeunes. C’est un fait que je me trouve plus coquette et plus sexy à Paris, et que je fais plus attention à ce que je porte (même si, certains jours, je traîne chez moi en tenue débraillée. C’est bon pour le moral. De temps à autre, nous avons toutes besoin de nous laisser aller et de rester en jean et les cheveux en bataille. Du moins, c’est mon cas).

Par ailleurs, il y a bien plus de choses à faire à Paris qu’à San Francisco : plus à voir, plus d’expositions, plus d’occasions de se distraire. Les gens reçoivent davantage, aussi suis-je invitée à dîner chez des amis plusieurs fois par semaine. Les Américains sont plus stressés par leur travail, les femmes sont plus obnubilées par leur réussite professionnelle et ont donc moins de temps pour se faire des amis. A Paris, ma vie est plus remplie ; je rencontre plus de gens, j’ai plus de choses à faire et à voir, et c’est bien plus amusant. Tout cela m’était interdit quand j’étais mariée, que tous les enfants étaient à la maison et que je devais en plus écrire. A cette époque, je courais continuellement contre la montre et les journées étaient trop courtes. Maintenant que mes enfants sont relativement grands, que je n’ai plus de mari (à mon grand regret, car la solitude n’est pas toujours plaisante, même si je lui reconnais quelques avantages, comme celui de faire ce que je veux quand je veux), ma vie se partage entre deux villes, celle où je travaille et celle où je m’amuse. A Paris, je dispose de bien plus de temps libre pour faire tout ce qui m’était défendu auparavant : je peux lire, flâner, déjeuner avec des amis, accepter des invitations à dîner, je ne suis plus débordée ni obligée de rester à la maison pour soigner un enfant malade. Pour moi, Paris est la ville où je peux disposer de mon temps comme je ne l’ai jamais fait auparavant. En effet, je me suis mariée à dix-huit ans et j’ai tout de suite eu des enfants, qui m’ont donné beaucoup de joie et ont été le centre de ma vie, mais m’ont occupée à plein temps !

Quand je retourne à San Francisco, c’est pour travailler et compenser les vacances que je me suis accordées à Paris. Dès que l’avion atterrit, je me mets au travail et ne m’amuse plus. Je consacre tout mon temps libre à mes enfants. Je travaille quasiment non stop et renonce à toute vie sociale. C’est d’ailleurs pour cela que je ne fais pas attention à mon apparence. Dès que j’arrive, je défais mes valises, m’installe à mon bureau et m’attelle à la tâche, en jean et vieux pull. Pour moi, San Francisco est devenu un lieu uniquement consacré au travail. J’oublie alors complètement l’existence joyeuse et décontractée que je mène à Paris. Mes deux vies sont totalement distinctes. Je parle une langue différente dans les deux villes, mes activités ne sont pas les mêmes : la fête dans l’une, le travail dans l’autre ; je sors beaucoup à Paris et quasiment pas à San Francisco (souvent, d’ailleurs, je vois davantage mes amis de San Francisco lorsqu’ils viennent à Paris !). Et il en va de même pour les enfants ! C’est vraiment une drôle d’existence. Ma maison de San Francisco me plaît énormément, mais j’adore Paris. Mes chiens restent à San Francisco et ils me manquent, mais le voyage en avion serait trop long pour eux. Je suis persuadée que mes séjours parisiens me permettent d’écrire, en me fournissant le temps, l’inspiration et l’énergie nécessaires pour renouveler ma capacité de travail. Cela paraît un peu fou de diviser sa vie de cette façon, mais pour l’instant cela fonctionne. Rien n’est jamais définitif, les situations évoluent. La mienne a considérablement changé quand j’ai décidé de vivre à Paris une partie de l’année. Peut-être un jour ma vie se transformera-t-elle de nouveau ? Mais, pour le moment, je la partage entre ces deux villes et j’y mène deux existences complètement différentes. Il me semble que c’est une chance. Je ne pourrais plus ne faire que travailler, comme je l’ai fait pendant de si nombreuses années à San Francisco. Je suis vraiment heureuse que Paris m’apporte la détente, la légèreté et la joie dont j’ai besoin. Je suis très gâtée de pouvoir vivre ainsi entre deux villes, deux cultures et deux mondes.

Danielle Steel

2 commentaires sur “VIVRE À PARIS – VIVRE À SAN FRANCISCO”
  1. Perrot Martine dit :

    Génial ce style de vie, celà vous permet de se ressourcer à Paris tout en se divertissant pour mieux repartir sur de bonnes bases pour travailler à San Francisco et faire partager à vos enfants vos séjours à Paris (qui est une ville pleine de distractions en tous genres)
    Bravo pour tous vos livres dont je me fais un plaisir de découvrir à chaque parution, c’est un bonheur de passer un bon moment avec vos romans qui relatent des histoires toutes vraisemblables les unes comme les autres !!!!!!!
    Continuez car nous ne trouverons jamais une romancière à votre hauteur et avec un aussi grand charisme, je me fais un plaisir de vous faire connaitre dans mon entourage de lecteurs

  2. Bonifet Anne-Françoise dit :

    18 décembre 2009

    J’ai connu vos ouvrages en 1985 suite à une hospitallisation très longue et depuis je suis une “fan” et mes amis etma famille m’en offre, continuez un grand merci……

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